Réflexion sur l’achat local…

Réflexion sur l’achat local…

Octobre 2021

L’achat local a toujours été un excellent moyen de générer une économie de proximité forte. Depuis quelques mois maintenant, une certaine pandémie (ou une pandémie certaine) a incontestablement ouvert les yeux de plusieurs sur son importance. Mais une question demeure, est-ce que ce changement est temporaire ou permanent? Très bonne question!

Les plus optimistes diront que c’est le virage que nous attendions! Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser. Il y a plein d’émissions de télévision qui en parlent, des chroniqueurs en vogue qui écrivent des articles sur ce sujet et des vedettes qui publient des photos de leurs escapades dans des boutiques régionales.

D’autres, plus pessimistes, nous diront que c’est passager.  Ils ne manqueront pas de nous rappeler comment le côté « consommateur », quelque peu individualiste et à la recherche de bas prix, est fort dans le cerveau de plusieurs de nos concitoyens. Qu’une fois la mode de l’achat local passée, ils retourneront à leurs bonnes vieilles habitudes.

Récemment un aspirant à la profession d’agronome, Simon Brault, rédigeait une chronique fort inspirante qui m’a fait réfléchir:  « Cessons d'encourager les entreprises locales ».  Dans ce court texte, il propose d’amener les consommateurs à considérer l’achat local comme un investissement plutôt qu’un geste de bonté. Mais qu’est-ce qu’un investissement? En économie, un investissement est une dépense immédiate destinée à augmenter, à long terme, la richesse de celui qui l'engage. Intéressant! Mais comment encrer ceci dans nos cerveaux de consommateurs?

Garder des investisseurs intéressés à son entreprise est un art en soi. Les promotions des Aliments du Québec, un meilleur positionnement dans les étalages des grandes chaînes, de nouvelles applications qui permettent de trouver un producteur local à quelques kilomètres de chez nous  et autres sont assurément des stratégies essentielles. Toutefois, dans une perceptive à long terme, deux éléments me viennent en tête afin que l’achat local garde le statut d’investissement :

  1. Une meilleure connaissance collective des fondements liés à l’économie locale et sur les avantages qu’elle génère. À ce niveau, il n’y a pas de recette. C’est une démarche que l’on doit réfléchir sur plusieurs années. L’éducation demeurera toujours le premier vecteur de l’évolution d’une société. 
  1. Des entreprises agricoles préoccupées par leur propre achat local. Une question de crédibilité! Avec l’inflation des prix qui n’épargne pas notre secteur, il pourrait être tentant « d’investir » les fruits d’un achat local soutenu de  l’autre côté de la clôture  !

Signé : un optimiste... réaliste!